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Compétitivité de l'économie luxembourgeoise

Le Comité de coordination tripartite a procédé à une analyse de l'évolution de l'économie luxembourgeoise et décidé en mai 2003 la mise en place d'un observatoire de la compétitivité, initiative promue et soutenue par les organisations patronales. L'objectif de cet observatoire est d'aider le gouvernement et les partenaires sociaux à définir les orientations politiques favorables et nécessaires à une croissance économique durable.

L'UEL accorde une importance prioritaire au sujet de la compétitivité qui est d'ailleurs traité activement dans tous les pays désireux de faire face à des perspectives économiques incertaines. Sa volonté de rendre le Luxembourg plus compétitif est intensifiée par le récent avènement de l'élargissement du marché intérieur et, plus généralement, par le phénomène de la mondialisation.

Les travaux de l'observatoire de la compétitivité sont accompagnés par un expert externe, Monsieur Lionel Fontagné, Professeur de Sciences économiques à l'Université de Paris I (Sorbonne) et co-auteur du rapport " Compétitivité " pour le Conseil d'Analyse Economique (CAE) français. La mission du professeur Fontagné consiste à analyser les forces et les faiblesses de l'économie luxembourgeoise et de son environnement, à établir un tableau de bord des principaux indicateurs économiques qui tiennent compte de la spécificité de l'économie nationale ainsi qu'à en consigner les résultats dans un rapport sur la compétitivité luxembourgeoise à l'adresse du Comité de coordination tripartite en octobre 2004. L'approche comparative mise en place devrait permettre une évaluation scientifique et neutre de la compétitivité du Luxembourg par rapport à ses principaux concurrents.

Les représentants des milieux économiques ont eu des entretiens avec le professeur Fontagné et les représentants de l'observatoire. Ces échanges de vues ont donné lieu à des réflexions et à des constats sur les particularités propres au paysage économique luxembourgeois. L'UEL estime que ces réflexions sont à prendre en compte pour l'élaboration du rapport sur la compétitivité de l'économie nationale. Celles-ci concernent entre autres les thèmes suivants :

L'évolution du taux d'inflation
Pour une économie qui dépend largement des échanges des produits et des services avec l'extérieur, il importe de situer l'inflation à un niveau inférieur ou égal à celui des pays avec lesquels notre pays entretient des relations commerciales. Or, au cours des dernières années, l'inflation a régulièrement été plus élevée au Luxembourg qu'en France, en Allemagne ou en Belgique par exemple. Cette situation est d'autant plus préjudiciable que par le biais du mécanisme de l'indexation automatique des salaires, l'évolution plus rapide des prix se répercute directement sur les coûts des entreprises. Le niveau de l'inflation a ainsi un impact négatif direct sur la compétitivité des entreprises. C'est la raison pour laquelle l'UEL plaide en faveur d'une modulation de l'adaptation des salaires et d'une limitation de cette adaptation à un certain plafond, de façon à pallier l'effet " d'auto-allumage " inhérent à ce mécanisme.

La productivité et le coût du travail
L'évolution des salaires réels ayant été plus forte que celle de la productivité au cours des dernières années, il en résulte une hausse importante du coût salarial unitaire tant en valeur absolue que par rapport aux pays voisins. Cette situation a évidemment un effet négatif sur la compétitivité de l'économie luxembourgeoise, d'autant plus que dans de nombreux autres pays européens, la productivité a augmenté et est supérieure à l'évolution des salaires réels. D'où la nécessité d'un ajustement rapide de l'évolution des salaires à celle de la productivité et ce tant dans le secteur privé que dans le secteur public.

La réduction du temps de travail
Etant donné l'impact direct de la durée individuelle de travail sur les coûts de production et partant sur la compétitivité des entreprises, une réduction de la durée du travail par la voie légale doit être proscrite. Il en est de même de l'octroi de jours de congé de récréation supplémentaires qui équivaut à une réduction de la durée annuelle du travail.

L'UEL plaide plutôt en faveur d'aménagements dans l'organisation du temps de travail qui répondraient à la fois aux besoins des entreprises et aux aspirations des salariés. Ces aménagements doivent se faire dans le cadre d'une réforme visant à assouplir la législation existante.

Les charges sociales
Le niveau relativement faible des charges sociales doit être maintenu car il constitue un atout important pour la compétitivité de l'économie nationale. Il représente en effet un avantage et un attrait tant pour les personnes travaillant au Luxembourg que pour les entreprises qui peuvent ainsi compenser, en partie du moins, les coûts élevés directs de la main-d'œuvre. Il s'ensuit nécessairement que les déséquilibres financiers que certaines branches de la sécurité sociale connaissent déjà à l'heure actuelle devront être traités de manière à ne pas léser le niveau des charges sociales pour les entreprises.

Le cadre fiscal
La fiscalité des entreprises constitue un facteur déterminant tant pour la compétitivité des entreprises que pour l'attractivité du site économique. L'UEL juge indispensable que le Gouvernement se dote des moyens financiers permettant d'améliorer davantage le cadre fiscal dans lequel se situe l'activité économique.

Les besoins de main-d'œuvre
L'UEL estime nécessaire que le Luxembourg mette en place une véritable politique d'immigration volontariste afin de doter l'économie nationale des ressources en main-d'œuvre qualifiée nécessaires à son développement. En particulier, des accords bilatéraux doivent être conclus dès à présent avec les nouveaux adhérents à l'Union Européenne de façon à permettre aux ressortissants de ces pays de renflouer de façon ciblée les effectifs des entreprises luxembourgeoises.

D'une façon plus générale et dans le souci de contribuer au déploiement de l'activité économique au Luxembourg, l'UEL demande que la législation obsolète sur l'entrée et le séjour des étrangers soit révisée de façon à permettre aux entreprises d'accueillir des personnes, notamment hautement qualifiées, en provenance du monde entier.

Les charges administratives
A l'instar d'autres Etats membres de l'UE, il importe de mettre en place une véritable politique de réduction des charges administratives pour permettre aux entreprises de se concentrer sur leur activité primaire et de maintenir leur compétitivité. Cette politique est également nécessaire pour encourager la création d'entreprises nouvelles. La réduction des charges administratives nécessite entre autres une collaboration renforcée des administrations ou ministères entre eux, une intégration plus poussée des Centres de Formalités PME dans un réseau d'échange d'informations ainsi qu'une information sur les charges en question envers l'administré.

Compte tenu de la complexité croissante du cadre légal qui est imposé en grande partie par les autorités communautaires, l'UEL estime que les autorités nationales compétentes doivent faciliter les démarches administratives des créateurs d'entreprise à travers la mise en place d'un guichet unique auprès des administrations.

La recherche et la formation
La compétitivité et la diversification de l'économie nationale sont tributaires des efforts déployés en matière de recherche et développement. Quelque 90% des activités nationales de recherche et développement sont menées par le secteur privé. Le potentiel de recherche du secteur privé est 4 à 5 fois supérieur à celui du secteur public. Il est par conséquent de la plus haute importance pour l'avenir de l'économie luxembourgeoise que le Gouvernement renforce les efforts en matière de recherche et d'innovation.

L'UEL estime que la formation scolaire de base doit être une formation de qualité et doit préparer au mieux les jeunes aux exigences du monde professionnel et de l'apprentissage tout au long de la vie. Or, il résulte d'une enquête menée par Eurostat que, comparé aux autres pays de l'UE, le Luxembourg compte un faible taux de participation des salariés à des formations professionnelles continues. De même, notre pays accuse pour l'année 2000 le taux le plus faible de diplômés universitaires scientifiques parmi la population âgée de 20 à 29 ans (1,8% par rapport à la moyenne européenne de 9,3%).

Finalement, il faut, d'une part, réformer l'orientation scolaire et professionnelle en abandonnant le système de l'orientation déterminée par l'échec scolaire et, d'autre part, promouvoir une culture de l'acquisition permanente du savoir.

L'entreprenariat
L'UEL souhaite stimuler davantage l'effort de création d'entreprise par le renforcement d'actions - en milieu scolaire par exemple - en y assimilant toutes les parties prenantes. Le développement de l'esprit d'entreprise est d'autant plus important que notre économie ne compte que très peu d'indépendants et qu'il faut s'attendre, à moyen terme, à un nombre croissant de transferts d'entreprises.

Dans ce contexte, il importe également de développer les zones d'activités pour les entreprises. En effet, il résulte d'une enquête menée par l'UEL que l'offre de terrains viabilisés ou en voie de viabilisation est insuffisante par rapport à la demande d'implantation d'activités.

Les infrastructures
Il est indispensable de poursuivre les efforts de modernisation des infrastructures de communication, d'éducation et de transport, car elles constituent un facteur clé du développement des activités économiques du pays. L'absence de liaisons ferroviaires rapides avec les centres d'activités tels Bruxelles, Francfort et Paris constitue un désavantage stratégique indéniable pour notre pays.

Le Luxembourg doit améliorer l'infrastructure technique en matière de communication électronique, notamment en augmentant l'accès internet à large bande, en favorisant le développement de l'internet à haut débit (ADSL) et en mettant en place une infrastructure à clé publique (PKI) dans les meilleurs délais.

La compétitivité dans une approche régionale
La Grande Région qui comprend la Sarre, la Lorraine, le Luxembourg, la Wallonie et la Rhénanie-Palatinat constitue, avec ses 11 millions d'habitants, un formidable potentiel économique. L'UEL suggère que l'observatoire de la compétitivité étudie le cadre réglementaire auquel sont soumises les entreprises et les conditions qui déterminent leur niveau de compétitivité à l'intérieur des différentes régions qui composent la Grande Région.

L'UEL propose également que l'observatoire définisse les critères qui permettent une appréciation de la situation concurrentielle actuelle et future à laquelle doivent faire face les entreprises luxembourgeoises dans le contexte de la Grande Région. En outre, une approche sectorielle de la compétitivité permettrait d'identifier les atouts et les faiblesses des entreprises qui relèvent des différentes branches d'activité de l'économie luxembourgeoise et ce dans un contexte tant national que régional.


Pour conclure,
l'UEL s'attend à ce que l'observatoire de la compétitivité garantisse une approche neutre et impartiale de ses travaux qui serviront de base scientifique pour guider les décideurs dans leurs choix politiques en vue d'assurer une croissance économique durable à notre pays.