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Femmes et entreprises : créer son entreprise - Forum 2004

Le 31 mars 2004 s’est tenu le deuxième forum de rencontre « Femmes et entreprises », le thème central ayant porté cette année sur les créations d’entreprises. Organisée conjointement par l’Union des Entreprises Luxembourgeoises et le Ministère de la Promotion Féminine, cette manifestation avait pour but de motiver les femmes, qui constituent un potentiel important, à se lancer dans l’entrepreneuriat alors que le nombre de femmes créatrices d’entreprises reste largement en-dessous de la moyenne européenne. Le forum était conçu sous forme de séminaires dispensant les informations nécessaires à la création d’entreprises et communiquant des expériences vécues par des femmes créatrices d’entreprises. Il fut suivi d’une conférence-débat s’adressant à des femmes chefs d’entreprises en vue de sonder l’opportunité de la création d’un réseau national de femmes chefs d’entreprises, à l’instar d’autres pays.

Dans son allocution d’ouverture, Madame Marie-Josée Jacobs, Ministre de la Promotion Féminine, a rappelé que le Forum 2004 s’inscrit dans le cadre du Plan d’action national pour l’emploi 2003 et 2004 et du projet « La participation équilibrée des femmes et des hommes à la prise de décision» du Ministère de la Promotion Féminine qui fait partie du programme concernant la stratégie-cadre communautaire en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. L’effort européen vise entre autres à réduire l’écart entre l’Union Européenne et les Etats-Unis en matière de création d’entreprises. Madame Jacobs a insisté sur l’effort entrepris par le gouvernement pour rendre l’entrepreneuriat plus attrayant et souligné le rôle extrêmement important des petites et moyennes entreprises dans la création de nouveaux emplois. Une stratégie laborée en vue de promouvoir la création d’entreprises auprès des femmes prévoit des mesures en matière d’éducation, de formation, de procédures administratives, de financement, d’encadrement, de communication et de statistiques.

Le Ministre de l’Economie, Monsieur Henri Grethen, a pour sa part présenté les grands axes du Plan national pour la promotion de l’esprit d’entreprise qui, outre la réalisation d’un inventaire de toutes les mesures nationales en matière d’entrepreneuriat et d’une communication intégrée, se propose de stimuler le goût d’entreprendre, de soutenir la création d’entreprise et de dynamiser le développement des entreprises.

Séminaires : informations et échanges d’expériences
Des communications, allocutions et échanges des quelque 180 participantes au Forum 2004, quelques points saillants ont émergé.

Tout d'abord, la grande diversité des femmes chefs d'entreprises venues témoigner de leurs expériences tant au niveau des secteurs qu'elles représentent, que de leur âge – elles étaient âgées entre ( 29 et 65 ans ) – ou encore de leur situation familiale, rend difficile de cataloguer représentaient une diversité trop importante pour cataloguer les types de contraintes les contraintes ou de problèmes auxquels une femme devr r ait - de façon stéréotypée - faire face parce qu'elle se trouve être une femme. Ces présentatrices étaient toutefois unanimes à déplorer le fait qu'il existe peu de modèles de femmes chefs d'entreprises auxquels elles auraient pu s'orienter adhérer .

Ce qui apparaît comme intéressant, par contre, ce sont les raisons qui ont motivé ces femmes à devenir indépendantes. Pour certaines, il s'agissait d'une fascination, de la réalisation d'un projet personnel, pour d'autres, ce serait plutôt une insatisfaction dans leur emploi. D'autres encore ont découvert par hasard une niche de marché non occupée ou y ont vu une solution alternative au chômage.

En ce qui concerne la viabilité même de l'entreprise, outre les talents manifestes d'organisation, les chefs d'entreprises sont amenés à mettre en place une gestion intelligente des coûts et des recettes dans le souci de fidéliser une clientèle solvable à moyen et à long terme. Un phénomène récurrent décrit lors du Forum était la solitude à laquelle le chef d'entreprise doit faire face dans la prise de décision au jour le jour : un avantage pour les unes qui y voient une liberté de pouvoir prendre leurs décisions seules sans devoir se concerter avec d'autres ; un inconvénient pour les autres pour qui cette solitude est subie comme une contrainte, car elles n'ont personne avec qui partager leurs soucis au quotidien.

Le public de la journée consistait en majorité de femmes dont le projet de création d'entreprise était au stade de l'idée. Le statut professionnel des participantes était à 19% des indépendantes, à 33% des salariées, à 19% sans activité professionnelle et à 29% elles étaient inscrites à l'Administration de l'Emploi. Elles retiendront de ce forum qu e les conditions essentielles 'un must absolu pour pour toute personne désireuse de se rendre indépendante sont s'avère être un plan d'action clair avec des objectifs bien définis, une discipline rigoureuse, une résistance certaine au stress, un caractère résolu et une grande dose de confiance en soi. Elles ont reçu des informations sur les démarches et procédures administratives à suivre, sur les supports financiers et autres qui existent pour les créateurs d'entreprise, de la part de la Chambre des Métiers et de la Chambre de Commerce, cette dernière accompagnées par Luxinnovation (Agence nationale pour la promotion de l'innovation et de la recherche) et 1,2,3, Go (Parcours interrégional de plans d'affaires) . qui accompagne d'ailleurs les candidats de projets innovateurs dans l'établissement de plans d'affaires.


Conférence-débat : « Femmes chefs d’entreprises – comment participer à un réseau d’échange d’expériences ? »
De ces constatations, le forum est passé à sa deuxième partie en soirée qui était consacrée à une table ronde, présidée par la Ministre de la Promotion Féminine, et lors de laquelle les organisateurs ont voulu sonder l’opportunité de la mise en place d’un réseau d’échange d’expériences entre femmes dans la prise de décision au Luxembourg. Les quelque 100 participantes à la conférence-débat étaient pour la plupart des femmes ayant déjà créé ou repris une entreprise.

Interventions :
Madame Martine Marandel-Joly, Présidente de l’association française des Femmes Chefs d’Entreprises (F.C.E.), s’est attachée à développer le rôle de la femme chef d’entreprise dans la société et dans l’économie. En France, les F.C.E. couvrent plus de 600 mandats dans les organisations professionnelles et interprofessionnelles, dans les institutions consulaires ou encore dans les organisations paritaires sociales. Partenaires des grandes associations patronales, les F.C.E. représentent 30% des chefs d’entreprises en France. Au niveau de sa structure, l’association française est composée de 40 délégations qui représentent 2000 femmes chefs d’entreprises. L’association représente l’ensemble des femmes qui sont entrepreneurs, c’est-à-dire qui gèrent leur entreprise et qui en sont responsables financièrement. Elle fait partie de l’association mondiale des femmes chefs d’entreprises qui est représentée aujourd’hui sur les cinq continents.

Madame Christine Bereziat a ensuite présenté le Centre de Ressources pour l’Entrepreneuriat au Féminin (CREF) de Montpellier qui s’inspire fortement d’un modèle suédois. Parti des problèmes que rencontrent souvent les femmes créatrices d’entreprises (obtention de crédits moindres par rapport aux hommes, manque d’accès à un réseau professionnel, difficulté psychologique à se percevoir comme chef, etc.), le CREF repose sur 4 axes principaux : accueil des femmes par des femmes chefs d’entreprises, offre d’orientation ou de réorientation, accompagnement des créatrices d’entreprises, suivi à moyen terme. Différents moyens sont mis à la disposition des femmes créatrices ou chefs d’entreprises dont un bureau d’accueil, un site internet, des partenariats avec des instituts publics et financiers, des associations économiques, une communication ciblée. Le point fort du CREF est évidemment qu’il a été créé à l’initiative de femmes chefs d’entreprises qui connaissent les obstacles de la création et du développement de l’entreprise et qui souhaitent accompagner les créatrices d’entreprises et les professionnelles de façon à soutenir l’esprit d’entreprendre chez les femmes, de pérenniser les entreprises et donc de créer des emplois.

Madame Marianne Karlberg s'est penchée sur les actions de l'agence para-étatique suédoise NUTEK (Swedish Business Development Agency), dont le but est de promouvoir une croissance économique durable dans le pays tout entier. L'agence NUTEK fonde son approche en grande partie sur la communication : rendre visible les femmes chefs d'entreprises afin de contribuer à en augmenter le nombre. Ainsi, cent mille femmes sont à l'origine de 25% des créations d'entreprises en Suède, nombre qui ne cesse d'augmenter depuis 10 ans. Etant donné la particularité géographique de la Suède – vastes étendues peu peuplées – l'agence fait appel à la promotion de l'esprit d'entreprise auprès des femmes surtout au niveau régional et local. Elle incite les régions et municipalités à engager des consultant(e)s en création d'entreprises qui sont à l'écoute des besoins des femmes et fonctionnent en tant qu'agents de renseignements pour les femmes désireuses de créer leur propre entreprise. Par exemple, des formations spéciales axées sur les attentes des femmes ont lieu entre ces consultants et les agents de banque responsables d'allocations de crédits aux créateurs d'entreprises, de sorte qu'un changement des mentalités se fait peu à peu ressentir. Enfin, l'approche suédoise trouve son intérêt dans le fait qu'elle s'anime à rapprocher les similarités des hommes et des femmes dans la création d'entreprises, en poursuivant une vision égalitaire tant au niveau des compétences qu'au niveau du développement économique des régions.

Débat et conclusions :
Lors de De la discussion qui a eu lieu à la suite des interventions, les participantes ont fortement encouragé la mise en place d'un réseau de femmes chefs d'entreprises au Luxembourg. Les réponses à un questionnaire d'évaluation ont encore souligné ce besoin. Ainsi, à la question « Selon vous, quelles devraient être les missions et activités d'un réseau luxembourgeois de femmes créatrices d'entreprises ? », les réponses se rapportent à des échanges d'expériences, à la stimulation de la création d'entreprise, au développement des relations économiques, à l'instauration d'une plate-forme décisionnelle. .

Ce réseau devrait contribuer à rassurer les femmes qui sont réticentes à se lancer par des conseils en matière de plan d'affaires, d'organisation (professionnelle et familiale), de législation (nouveaux projets de lois) etc. Certaines soulèvent que la gestion d'une entreprise est un défi quotidien auquel elles ont été insuffisamment préparées. Dans le même ordre, les participantes se rejoignent en majorité pour considérer que tant la qualification que l'expérience sont des conditions préalables de même importance à l'exercice de la fonction de chef d'entreprise. Les modèles du CREF français et de l'agence suédoise sont perçus comme sources d'inspiration à la création d'un réseau au Luxembourg.

Globalement, les participantes ont considéré le F f orum comme un franc succès et ont laissé entrevoir qu'une telle manifestation devrait avoir une suite. L'approche de l'UEL a été accueillie très favorablement : accompagner le processus de la mise en place du réseau sans vouloir se substituer aux chefs d' entreprises. Les partenaires se réuniront prochainement à cet effet. Toute femme chef d ' entreprise ou dans la prise de décision s'intéressant à ce réseau peut s'adresser à l 'UEL (tél. 26009-792 ou courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .